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Présentation du Ministre Jean-Paul Adam sur la diplomatie de proximité dans le contexte de la candidature des Seychelles au Conseil de Sécurité des Nations Unies 2017-2018, au 10ème Comité Exécutif des Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLUA)

15.05.2014

Monsieur le Vice-président

Mesdames et Messieurs les Ministres

Mesdames et Messieurs les Maires membres du Comité Exécutif des   Cites et Gouvernement Locaux Unis

Distingués Invités

Mesdames et Messieurs

 

Je voudrais, avant tout, vous souhaiter la bienvenue en terre seychelloise et vous dire l’honneur et la joie que je ressens d’être associé à ces 10èmes assises de votre Comité Exécutif.

Les Seychelles vous êtes reconnaissantes et elles se sentent honorées, en raison de la dépense d’efforts de toutes sortes que vous vous êtes imposés pour atteindre nos côtes, et parce que nous considérons que les Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique, constituent un maillon essentiel de la démocratie en marche sur notre continent. C’est en effet vous qui êtes aux commandes des dynamiques locales de développement de nos pays.

Aussi, je voudrais vous remercier et vous féliciter de vos mandats, et saluer, par la même occasion, l’engagement de chacune et chacun  de vous, à améliorer le bien-être de nos populations, en harmonie avec les partenaires qui vous accompagnent.

Je dois avouer aussi que le nom de votre association - Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique - me comble d’aise. J’aime bien le nom, parce qu’il suggère une noble ambition, une volonté libérée. Il nous renvoie à la thématique de l’Unité des Etats et des Peuples, qui est d’actualité, et qui m’est chère. En tant que jeune diplomate, je trouve que c’est une voie royale de démocratiser l’accès à la diplomatie.

C’est pourquoi je nourris l’espoir que  cette matinée d’échanges marque entre nous le début d’une interaction et d’un partenariat très dynamique, dans le dialogue et la confiance mutuelle.

Je ne crois pas vous surprendre en disant que nulle structure plus que la vôtre n’est aussi pertinente pour la diplomatie de proximité. En contact direct avec nos populations, elle permet de mieux connaitre le pays, dans sa richesse et sa diversité, de lire les sentiments réels de la population,  pour être en phase avec la réalité. Et c’est en fait cela la diplomatie de proximité ou du premier cercle.

Tous les gouvernements savent aujourd’hui qu’ils doivent laisser leurs citoyens faire entendre leur voix. Outre l’instauration d’une démocratie, les citoyens exigent un développement économique, social et humain équitable et un partage des richesses qui leur assure des emplois et de meilleures conditions de vie.

En cela, votre association a toujours été, et ce depuis sa création, un élément essentiel dans l’œuvre de renforcement de la démocratie et de promotion du développement par la base. Le rapprochement de l’Administration des administrés en vue de leur participation effective au développement de leur localité est l’objectif cardinal de la Décentralisation. C’est ça qui en fait une option stratégique de gouvernance pour nos pays. Cette option stratégique s’articule autour de deux grands principes : l’enracinement de la démocratie participative et l’implication des acteurs locaux à travers une approche de développement durable.

L’une des vertus de la décentralisation, à laquelle j’adhère avec conviction, c’est la complicité que celle-ci instaure entre le Gouvernement et les élus locaux, et ce dans l’intérêt majeur des populations à la base.

L’intérêt des Seychelles pour ce mode de gouvernance a été manifeste depuis l’accession du pays à l’indépendance. Cependant, il a fallu attendre pour que la volonté politique née de la lutte pour la libération prenne corps, pour essayer de rompre avec le système de gouvernance d’un Etat fortement centralisé.

Ainsi la complicité dont j’ai parlée, s’est  matérialisée aux Seychelles avec une volonté politique affirmée, par la création d’un Ministère des Collectivités locales, qui existe depuis près de 20 ans.

C’est dire que dans notre pays, c’est une structure qui a dépassé le cap de l’embryon et est entrée dans sa période de maturité. Cette création a eu pour but de façonner une véritable République unitaire décentralisée, afin de favoriser le développement d'une démocratie locale au service des citoyens, dans le respect de l'unité et de l'indivisibilité de la République.

Les années d’expériences cumulées en matière de gestion des affaires locales ont permis d’obtenir des résultats probants qui se traduisent en termes d’accroissement de ressources mobilisées, de renforcement de la démocratie locale, de la participation citoyenne, de renforcement du partenariat et d’une collaboration fructueuse entre les autorités locales et les services déconcentrés de l’Etat ; toute chose qui a permis à nos districts ou collectivités locales, d’apporter des réponses aux besoins sociaux de base dans des domaines comme  le logement, l’accès à l’eau potable, l’assainissement, la construction de routes secondaires, la protection de l’environnement, l’aménagement de l’espace, le développement économique local, etc.

Au regard de ces succès, le gouvernement s’engage maintenant à consolider la gouvernance locale avec la ferme volonté de réussir la décentralisation économique, d’assurer le transfert effectif des compétences et des ressources dans tous les domaines retenus, de renforcer les capacités des collectivités à gérer les affaires locales et d’assurer la cohérence de l’action locale avec les démarches de l’Etat.

C’est pour cela que le gouvernement est toujours à l’écoute afin que dans une véritable synergie il puisse apporter les réponses et les solutions pertinentes aux questionnements et difficultés que les collectivités locales rencontrent parfois dans leur gestion.

En effet, le Président James Michel, s’est fermement engagé à mettre les collectivités locales au cœur du développement du pays. Parce que, comme je l’ai déjà dit plus loin, les collectivités locales sont un pilier majeur de la stratégie de développement qui met le citoyen au centre du développement des Seychelles.

La diplomatie de proximité que nous prônons, notamment en ce qui concerne notre candidature pour un siège non permanent au Conseil de Sécurité, est à l’image de cette philosophie. Nous en avons fait notre stratégie de réponse aux questionnements que pose cette candidature en organisant des Journées Portes Ouvertes dans les différentes collectivités locales. Les échanges qui en ont résulté ont permis de mettre tous les Seychellois au fait de cette candidature: notamment ses motivations, ses implications, les principes qui l’animent, ses objectifs, ses conséquences et sa portée pour le pays et l’Afrique.

Il en est de même des questions de protection de l’environnement. Etant en première ligne face aux impacts du changement climatiques, nous estimons que les collectivités locales dans les petits pays insulaires comme les nôtres ont un rôle de premier plan à jouer dans la réduction de notre vulnérabilité et dans les actions à mener pour s’adapter à un environnement changeant. A mon avis, donner l’opportunité aux communautés locales des Etats insulaires de s’exprimer et de prendre en compte leurs avis, leurs idées et leurs recommandations dans les processus de décisions à tous les niveaux, locaux, nationaux ou internationaux, contribuent au développement durable des Petits Etats Insulaires en Développement et ce, que le climat se réchauffe ou non.

Cette diplomatie de proximité est importante car elle permet d’obtenir l’adhésion et la mobilisation du plus grand nombre, pour la réalisation des objectifs visés, et d’agir efficacement.

Une telle approche doit être une constante, car ce sont les responsables des collectivités locales qui ont un lien direct avec la population. Il nous appartient donc de les soutenir afin de répondre aux aspirations légitimes des populations dans une perspective d’intérêt général.

Grâce à votre expérience du terrain, vous figurez parmi ceux qui sont mieux placés pour ramener les valeurs que défend l’ONU dans le quotidien de la population.

C'est pourquoi il nous parait important d’établir entre nous des partenariats stratégiques et innovateurs qui aident à répondre aux défis qui se dressent devant nos pays. Nous sommes convaincus  que ce nouveau partenariat fera une véritable différence sur le terrain. C’est cela la diplomatie de proximité des Seychelles.

Je voudrais dire, et cela pour conclure, que la candidature des Seychelles pour le Conseil de Sécurité est avant tout une candidature africaine. Elle a été conçue en Afrique, avec l’Afrique, et pour l’Afrique. Voila pourquoi, nous ne cessons de sillonner le continent pour expliquer la philosophie et les principes qui la sous-tendent. Nous estimons, à cet égard, que l’émergence d’un puissant mouvement africain et mondial des autorités locales ouvrira une nouvelle voie de communication entre les peuples d’Afrique et du monde, qui laisse envisager un plus grand partenariat en coopération décentralisée.

Ce partenariat peut véritablement rapprocher les peuples. Les Seychelles restent convaincues que c’est la direction qu’il faut encourager. Si nous sommes élus au Conseil de Sécurité de l’ONU, nous voulons porter au  niveau international l’idée d’une participation accrue des acteurs non-étatiques à la gouvernance internationale. Et, cela n’est pas une simple promesse, mais une initiative à laquelle nous avons commencé à donner corps par le biais du nouveau partenariat en gestation avec vous.

Notre conviction est que cette vision ne peut s’accomplir que dans la proximité avec vous et les citoyens, car l’Etat doit s’incarner en chacun d’entre nous. C’est en tout cas tout le sens que nous prêtons à notre quête pour un siège non permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies en 2017-2018. Et nous comptons sur vous !

Je vous remercie de votre attention !

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