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Présentation pour le Ministre Joël Morgan à l’occasion de la conférence à la résidence de France sur le thème ‘Bilan et perspectives de l’opération ATALANTA’ Jeudi 6 Mars 2014

10.03.2014

Monsieur le Ministre,
Mesdames Messieurs les Ambassadeurs,
Messieurs les Officiers généraux,
Commandant,

Mesdames messieurs, chers invités,

Je voudrais vous exprimer l’immense plaisir qui est le mien d’être reçu aujourd’hui ici à la résidence de France et de vous dire quelques mots  sur l’importance pour les Seychelles et de la région de l’importance de l’opération ATALANTA conduite par l’Union Européenne.

Mais avant tout, je souhaite rappeler que l’escale d’un bâtiment français dans le Port de Victoria est  toujours l’occasion pour nous de renforcer davantage les liens entre nos deux communautés.

 

Je suis et serai toujours très reconnaissant envers la France, représentée par Madame l’Ambassadeur Geneviève IANCU, présidente locale en exercice de l’Union Européenne, de tous les efforts qu’elle entreprend pour renforcer notre partenariat et nos relations diplomatiques.

 

J’en profite également pour saluer le contre-amiral Hervé Bléjean, commandant de la Force navale européenne de lutte anti-piraterie ainsi que le capitaine de vaisseau, Jean-Marc LeQuillec, commandant du « SIROCO » qui nous honore de leur présence parmi nous aujourd’hui.

 

Amiral,

 

Votre présence aujourd’hui me réjouit car elle est liée à votre participation à l’opération ATALANTA.  Comme vous le savez, la ‘Coast Guard’ des Seychelles ne peut à elle seule sécuriser notre vaste domaine maritime.  Nous sommes un petit pays dotés de capacités opérationnelles très limitées et entouré d’une immense zone maritime que nous devons à tous prix protéger.  La coopération des forces étrangères est  donc indispensable pour maîtriser la situation, qui n’est pas encore réglée.  La piraterie sévit toujours, bien qu’elle soit contenue, elle peut exploser à tout moment et faire à nouveau irruption dans les eaux seychelloises.  Le Bureau Maritime Internationale (BMI) a recensé deux cas de tentatives d’attaques près de notre Zone depuis le début de cette année.     Votre présence chez nous dans nos eaux garantit alors notre sécurité et nous en sommes reconnaissants.

 

Il y a un mois, vous avez  appréhendé et transféré dans notre territoire 5 présumés pirates pour jugement.  Cela démontre que la menace de piraterie est toujours présente.  Vous avez également au mois de février, en liaison, avec la Commission de l’Océan Indien (COI) et de son Unité basé aux Seychelles, organisé la formation d’un groupe de gardes côtes mauriciens aux  opérations de lutte contre la piraterie.

 

Je salue donc cette synergie et ces efforts que vous faites, notamment pour le bénéfice de nos Etats de la région, car  le fléau de la piraterie ne gangrène pas seulement nos économies, mais toute la région de l’océan indien.   Ce fardeau doit désormais être partagé plus équitablement entre les Etats de la région.

 

  1. SOUTIEN DES SEYCHELLES A L’ACTION DE L’UNION EUROPÉENNE

 

a) La mobilisation des Etats de la région

Je remercie également L’Union Européenne pour son aide précieuse notamment à travers les divers projets régionaux, qu’elle a lancés, notamment le programme MASE et le programme d’EUCAPNESTOR, destinés à garantir dans la région la sécurité maritime sous tous ses aspects.    Sans l’appui de l’UE, il aurait été bien difficile pour les Etats de la région de mettre en œuvre cette politique commune de prévention et de sécurité en mer qui donne aujourd’hui des fruits que tous les professionnels de la mer reconnaissent et apprécient.     L’Union Européenne peut, dès lors, continuer à compter sur le soutien des Seychelles pour relayer ses efforts, en particulier pour la mobilisation des Etats de la région.

 

A cet égard, je salue le travail remarquable qu’effectue  la Commission de l’Océan Indien, ici représentée par son Unité Anti-Piraterie dirigée par M. Jacques Belle et composée de 5 experts en provenance de Maurice, Madagascar, France/Réunion, Comores et des Seychelles.       Nous devons nous rappeler que c’est bien la Commission de l’Océan Indien, qui depuis que nous avons subis nos premières attaques en 2009, a déployé des activités diplomatiques pour la mobilisation internationale et régionale en vue de contenir et combattre ce fléau.  Je tiens alors à exprimer toute ma reconnaissance envers cette institution régionale et son Secrétaire Général M. Jean-Claude de l’Estrac,  cette institution, qui, a récemment  célébré chez nous, son trentième anniversaire.

 

b) L’action opérationnelle d’ATALANTA

 

L’année 2014 est une année qui s’annonce  très prometteuse car les attaques de pirates et les prises d’otage se font de plus en plus rares.  Je suis heureux de constater que la menace est aujourd’hui contenue.    Ceci est très largement le fruit du travail qu’ATALANTA accomplit, depuis plus de 5 ans.  Nul ne peut nier, que les opérations que vous avez menées,  ont été très efficaces pour repousser les actes de piraterie dans nos eaux.  Les Seychelles, qui sont sur la ‘ligne de front’, continueront à soutenir vos opérations militaires.

Je n’oublie pas d’ailleurs que c’est la France qui a proposé le lancement de l’opération ATALANTA et qui fut le premier Etat à intervenir lors des premières attaques de piraterie dans nos eaux en début de l’année 2009.

c) L’action judiciaire

Les Seychelles sont à vos côtés dans cette lutte.  Elles se sont aussi résolument engagées dans une politique de non impunité : 62 pirates sont actuellement incarcérés dans la prison des Seychelles (dont 23 en détention provisoire et 38 déjà condamnés).  Ils représentent près de 10% de la population carcérale de notre pays.    Nous avons depuis l’année dernière, procédé au rapatriement de 11 pirates dont 5 mineurs vers le Puntland pour purger le reste de leurs peines et on prévoit d’en rapatrier 15 autres cette année au titre de notre législation sur le transfert des prisonniers et des accords que nous avons conclus avec les autorités somaliennes.

De plus, nous avons été les premiers de la région à émettre contre les commanditaires de la piraterie des mandats d’arrêt internationaux.  Nous avons coopérer avec les Etats qui en ont émis par exemple la Belgique et avons fournis des éléments pour motiver l’arrestation, en octobre dernier de Mohamed Abdi Hassan alias Afweyne,  dont nous nous félicitons.

Une des préoccupations actuelles et majeures de mon gouvernement est de cibler les flux financiers pour contrer la menace de la piraterie.    L’efficacité de notre action judiciaire dépend largement de votre recherche de preuves crédibles et recevables devant nos tribunaux.

La dimension juridique de notre partenariat est donc très importante.

d) L’action diplomatique

Le Haut Comité de Lutte Contre la Sécurité Maritime que je préside depuis 5 ans,  y veille particulièrement lors de l’élaboration d’accords de coopération qui se développent considérablement depuis l’irruption de la piraterie dans nos eaux.  D’ailleurs  ces accords sont très nombreux :  Les Seychelles ont signé les conventions de Montégo Bay, de Rome, les conventions des Nations Unies contre la prise d’otage, contre le crime organisé, ainsi que le code de conduite de Djibouti et de nombreux accords bilatéraux avec nos partenaires internationaux couvrant différents aspects de la lutte anti-piraterie (ex : accord de transferts de pirates, de stationnement des forces, de coopération militaire, lutte contre les commanditaires et d’échange d’informations) ,  au total on en compte 31 dont 2 avec l’Union Européenne et 1 avec la France.

En novembre de l’année passée, j’ai eu l’honneur de signer en présence de l’amiral Bob Tarrant, un accord avec la Force Navale de l’Union Européenne portant sur le transit des présumés pirates.

Les Seychelles participent également activement à de nombreux forums internationaux traitant des stratégies destinées à mettre fin à la piraterie, notamment le Groupes de Contact contre la piraterie au large des côtes somaliennes dont l’UE assure la présidence depuis le début de cette année.

Pour ce qui concerne l’adaptation de nos textes législatifs et réglementaires aux normes internationales, notamment européennes, je me dois de féliciter de l’apport de la mission EUCAPNESTOR aux Seychelles.

Une bonne coopération entre les peuples, les nations et les gouvernements est une condition essentielle pour assurer à tous un meilleur avenir.

L’escale du « SIROCO » est donc pour les Seychelles une manière, comme toujours,  de saluer encore une fois, avant tout l’Union Européenne, ses Etats Membres dont le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, les Pays-Bas, la Belgique, la Suède, l’Allemagne et tout spécialement le Luxembourg qui stationne ici un détachement aérien permanent, et surtout la France, pour sa contribution massive et pour son exemple, et tout ce qu’elle apporte à la relation historique entre nos deux pays.

Je vous remercie de votre attention.

 

 

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