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L’intervention du Ministre des Affaires Entrangeres de la Republique Des Seychelles, Monsieur Jean Paul Adam, a l’occasion de la conferecne speciale sur la theme :Synthese et perpectives de l’Operations Atalanta, à la Residence de L’Ambassaddeur de France

10.03.2014

Ministre Joël Morgan,

Excellence, Mme Geneviève Iancu, Ambassadeur de France

Monsieur le vice-amiral, Hervé Bléjean, commandant de la Force EUNAVFOR,

Monsieur le Capitaine de vaisseau Jean-Marc Le Quillec, commandant du «Siroco ",

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

En 2009, les Seychelles se remettaient à peine du choc de la crise économique mondiale par le biais d’un important programme de réformes macro-économiques mis en place. L’économie réagissait bien aux reformes prescrites, mais il était évident que les retombées étaient encore fragiles pour faire face à de nouveaux défis.

Ce faisant, quand le 27 Mars 2009, l’Indian Ocean Explorer a été capturé par des pirates, nous nous sommes trouvés confrontés à une menace sans précédent sur notre sécurité qui pouvait de toute évidence saper tous les efforts et sacrifices consentis jusque-là.

Le spectre de la piraterie s’est ainsi installé comme une menace existentielle pour tous les Seychellois, conscients autant que nous sommes de la dépendance étroite de nos moyens de subsistance à la sécurité existant dans notre espace régional.

Toutefois, nous avons immédiatement réalisé - et je suis fier de le dire aujourd’hui – qu’il n’était pas acceptable de prendre tout bonnement du recul et attendre que les autres fassent quelque chose. A cet égard, je suis heureux de constater que l'Union Européenne et ses Etats membres ont été parmi les premiers partenaires à s’aligner à nos côtés, dès que la menace de la piraterie s’est déplacée du golfe d'Aden pour s’installer sur les bords de notre Zone économique exclusive et les routes maritimes qui sont les mamelles nourricières de notre région.

Lorsque la Haute Représentante de l'UE, son Excellence Madame Catherine Ashton, nous a fait l’honneur de participer à la conférence spéciale que nous avions organisée en 2009, aux Seychelles, pour discuter de la coordination entre les opérations de l'UE et les Etats de la région, nous avons eu l'occasion d'exposer les principaux défis qu’il fallait surmonter afin de résoudre le problème de la piraterie.

Une des questions fondamentales de l'époque était l'impunité persistante dont jouissaient les pirates en haute mer.

Suite à des actions de concertation, les Seychelles et l'Union européenne ont mis en place un plan  portant sur l’arrestation, la poursuite et le transfert, ce qui a eu comme effet de faire voler en éclats l’entreprise des pirates.

Les Seychelles se sont, en effet, dit que tant qu’un terme n’était pas mis au cycle d’impunité dont bénéficiaient les pirates, nous ne serions jamais en mesure de mettre fin à la piraterie.

Nous apprécions, à cet égard, le fait que l'UE a également été sensible à notre préoccupation concernant la nécessité de transférer dans leur pays les Somaliens qui ont été condamnés, afin qu’ils y purgent leur peine.

Avec le précieux soutien de l'ONUDC, nous avons fait les transferts, qui sont presque devenus une routine aujourd’hui.

Cela a également contribué à renforcer les efforts faits en Somalie pour faire valoir la primauté du droit, et de montrer que l'impunité ne serait plus jamais tolérée.

Dès le départ, nous avons été dans l’opinion que la présence continue de l'EUNAVFOR dans l'océan Indien était essentielle pour le maintien de la loi et l'ordre dans la région. Nous sommes heureux que l'Union européenne se soit bien engagée avec nous, et cette escale du SIROCO est un autre exemple de l'engagement continu de l'UE dans ce partenariat, qui reste essentiel à la sauvegarde la sécurité de notre espace maritime commun.

Nous avons également établi des partenariats efficaces au sol en positionnant des moyens aériens de l'UE aux Seychelles qui ont contribué à faire en sorte que les ressources navales soient déployées le plus opportunément possible dans les zones cruciales  La coordination avec d'autres opérations, tels que le Bouclier de l'Océan de l'OTAN et la Force Maritime Combinée, s’est également améliorée de manière significative depuis 2009.

C’est le lieu pour moi de remercier encore l'Union européenne pour sa flexibilité à répondre non seulement aux préoccupations des Seychelles, mais aussi à celles de la région, ainsi que la coordination avec d'autres partenaires.

Fort de ces succès à l'esprit, il est évidemment important que nous réfléchissions aussi attentivement sur ​​le rôle futur de l'UE pour ce qui est de l'Opération Atalanta, et sur la sécurisation à long terme de la région de l'Océan Indien.

Le premier point sur lequel je voudrais insister, c’est qu’il est essentiel que l'UE reste fermement engagée dans cette région, non seulement en raison de son prolongement territorial qui fait frontière avec nous, je parle notamment de La Réunion, mais aussi parce que l'océan Indien est une voie essentielle pour l’UE-Afrique et le commerce mondial.

Il va de soi que les pays de la région devront s’attendre à un accroissement de leur rôle. Mais ai-je besoin de dire qu’avec une population de moins de 90 000 habitants, que nos capacités réelles sont limitées ! Ceci ne m’empêche pas pour autant de croire  que notre partenariat avec l'UE au cours de ces 5 dernières années a montré clairement ce que l’engagement et la détermination conjugués peuvent réellement montrer. Les Seychelles ont considérablement amélioré leurs capacités en termes de possibilités liées à la sécurité maritime, mais nous ne devons nous faire aucune illusion quant aux capacités des Etats côtiers de cette région à protéger notre «Eau bleue».

Nous devons continuer à coordonner fermement les opérations afin de s’assurer que les pirates ne soient plus à l'avant-garde, parce que nous devons comprendre que la situation est telle en Somalie que les criminels n’hésiteront pas à profiter de toute baisse de garde de nos patrouilles ou de la surveillance.

Deuxièmement, nous devons éviter de mettre au second plan le long et laborieux processus de construire un avenir pour la Somalie, car c’est un avenir qui reste intimement articulé à la sécurité de l’espace maritime qu’elle partage avec ses voisins.

Que ce soit au sein de l'Union africaine ou d'autres forums, les Seychelles coopèrent avec la Somalie à créer un espace d’échanges d'expériences et de meilleures alternatives pour s’offrir des moyens de subsistance viables. Nous sommes heureux d’annoncer que dans le contexte de l'UE CAPNESTOR et le partenariat avec l'ONUDC, nous continuerons à explorer les voies et moyens par lesquels nous pourrons offrir à la Somalie un soutien et des options développement dans des domaines clés,  telle que la pêche.

Troisièmement, il est essentiel que nous continuions à renforcer les capacités dans la région, et s'appuyer sur les initiatives des Etats comme les Seychelles qui ont accepté de prendre en charge des initiatives de sécurité maritime.

Le projet MASE fournit à cet égard une excellente base pour ce renforcement des capacités régionales, et je profite de l’occasion pour féliciter la Commission de l'océan Indien et ses autres partenaires régionaux, pour leurs efforts dans ce sens.

L'un des éléments clés qui doit  être renforcé, c’est le partage du renseignement entre les États. Les Seychelles ont déjà créé la base pour de tels échanges pratiques entre les États.

Enfin, aux Seychelles, nous estimons que la meilleure contribution à la sécurité maritime à long terme, c’est de transformer l'approche que nous avons vis à vis de l'océan. Nous devons briser le mythe que les défis de l’application de la loi ou des règlements en haute mer sont du ressort des autres, au moment même où nous devons renforcer les opportunités communes que nous offre le développement de l’océan.

Nous sommes en effet convaincus que le concept de l’Economie Bleue est celui qui unit notre région de façon intime et offre les perspectives d’une vision partagée de l'avenir.

Nous sommes heureux que cette discussion se tienne aujourd’hui dans les locaux de la Représentante de la France aux Seychelles, la France qui  est le pays à disposer de  la deuxième plus grande zone économique exclusive maritime au monde, après les États-Unis.

Nous sommes deux pays qui partagent les mêmes affinités, pour ce qui est de l'énorme potentiel que recèle l’océan. Nous sommes donc impatients de renforcer ces partenariats, avec le soutien de l'UE, en vue de réaliser la transformation des perspectives économiques qui assureront notre sécurité à long terme.

Je pense que la force de notre partenariat actuel avec l'UE dans le contexte de la sécurité maritime est de bon augure pour un nouveau partenariat autour de l'Economie Bleue. Un partenariat par lequel, l'Océan Indien et tous les états qui s’y trouvent, pourront exploiter toutes les potentialités qui s’offrent à eux.

 

Je vous remercie.

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