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DISCOURS DE MONSIEUR JEAN-PAUL ADAM, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE LA REPUBLIQUE DES SEYCHELLES LORS DE LA COMMEMORATION DES 30 ANS DE LA COI, LE 10 JANVIER 2014 , A NATIONAL HOUSE

15.01.2014

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Ministres

Monsieur le Secrétaire General

Distingués Invités,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Merci à toutes et à tous d’avoir honoré de votre présence cette commémoration qui se nourrit de la communauté de destin qui nous unit.

Votre réponse spontanée à l'invitation qui vous a été transmise il y a peu, traduit bien plus que des mots, votre attachement aux valeurs cardinales qui fondent l’amitié et la solidarité qui nous animent tous.

J’y vois là l’expression de l’amitié et de la communion qui cimentent notre communauté de destins que vous représentez avec engagement et dignité.

Je mesure la somme de sacrifices que vous avez dû vous imposer  pour vous libérer des lourdes responsabilités qui sont les vôtres, pour être avec nous aux Seychelles. Mais que ne fera-t-on pas pour une organisation comme la COI que je n’hésite pas à assimiler à un enfant que l’on a désiré, cajolé, bercé et aidé à bien grandir, et qui s’attache aujourd’hui, une réputation et une audience qui font d’elle assurément, un outil incontournable au service de la construction régionale !

Je voudrais, au nom du Président Michel, du Gouvernement et de tous les Seychellois, vous adresser mes sincères remerciements et vous dire toute ma joie de vous accueillir à Mahé, pour célébrer et aussi entreprendre des consultations importantes sur des sujets d’importance.

D’aucuns se demanderaient peut-être encore, quel est le but de cette célébration? Je les répondrai tout simplement, que cette célébration a un seul et unique but : au delà de l’importance symbolique de ces 30 ans,  de la visibilité de la COI, cette célébration vise à donner à nos populations et aux générations à venir de l’Océan Indien, le désir de demain.

Nous devons les donner l’envie de mieux vivre ensemble. Pour cela, nous devons dès maintenant, continuer à jeter les ponts entre elles, créer un laboratoire d’idées, lieu de confrontation ouvert et tolérant, inspirer un nouveau modèle de coopération et d’entraide.

Notre objectif donc, est de consolider nos choix et orientations d'avenir, clairement et en toute confiance, en soulignant, au passage, en toute objectivité et en toute équité, les efforts extraordinaires qui ont été consentis pour que la COI soit ce qu’elle est aujourd’hui.

C’est, à mon avis, la plus belle manière d'être fidèle à la mémoire et l’action des artisans de cette belle construction institutionnelle.

Je sais que pour certains, parler de commémoration, c’est parler d’histoire. Mais faire revivre par des mots les grands moments d'une belle histoire comme celle de la COI,  n'est pas travail aisé. En effet, il faut être assez précis pour être complet mais également concis pour ne pas être ennuyeux. Etant moi-même de quelques années seulement plus âgé que la COI, et ne pouvant faire ni l’un, ni l’autre mieux que les historiens, je leur en laisse donc le soin. Il faudrait des dizaines de pages pour évoquer les souvenirs gais ou tristes, croustillants ou émouvants. Car tous font partie du petit trésor qu’est aujourd’hui la COI, et que nous ne devons pas gaspiller.

Bien que l’histoire soit une utile source d’inspiration pour l’action présente, je me limiterai donc à rappeler que c’est de cette même salle pétrie d'histoire, que partit, voici trente ans, la Commission de l’Océan Indien. La signature ce 10 janvier 1984 de l’Accord General de Coopération entre les Etats membres de la COI, communément appelé l’Accord de Victoria, naissait du souci et de la détermination de ses concepteurs de donner espoir à nos peuples dans leurs légitimes aspirations pour une complémentarité et une intégration régionale:

Je veux parler du Président France Albert René que représentait le Ministre des Affaires Etrangères Monsieur Maxime Ferrari, le Premier Ministre Aneerood Jugnauth de l’Ile Maurice que représentait le Ministre des Affaires Etrangères Dr Anil Gayan, et le Président Didier Ratsiraka de Madagascar que représentait le Ministre des Affaires Etrangères Jean Bamananjara.

Dr Ferrari et Dr Gayan sont avec nous aujourd’hui. Je veux qu’ils trouvent tous là, l’expression de notre profonde reconnaissance.

Je me dois aussi de faire une mention particulière de la présence ici des représentants de nos partenaires très proches et dynamiques dans nos efforts d’intégration dont la participation à cette commémoration témoigne éloquemment de leur disponibilité à nous accompagner dans l'achèvement de notre œuvre d'intégration régionale. Je veux qu’ils soient bien  remerciés.

Mesdames, Messieurs,

Aujourd’hui, jour pour jour, la COI a 30 ans. Plus d’un quart de siècle, l’âge de raison, la maturité, des qualificatifs qui ont un sens particulier dans l’évolution d’une institution comme la nôtre. Au-delà de cette consécration, c’est une fierté pour les pionniers, pour ceux qui y ont cru dès le début, pour ceux qui l’ont accompagné, pour ceux qui y ont imprimé leurs marques et qui tiennent toujours la barque aujourd’hui, malgré toutes les difficultés qu’une organisation de cette nature doit faire face ou gérer au quotidien. Les acquis accumulés par la COI pendant ces 30 ans font la fierté de nous tous et c'est justice.

Les Seychelles qui n’ont jamais cessé de prouver sa foi et son attachement à la COI, comme option stratégique incontournable, aspirent, en cette heureuse occasion, à un décollage plus résolu, impulsé par les liens de fraternité profonde, tissé par l'unité d'histoire et de culture, par la communauté de destin et par la complémentarité entre les intérêts de nos cinq pays, dans le respect total de leur souveraineté et des valeurs qui sont les leurs.

Profondément convaincues que l'intégration régionale est une aspiration populaire profonde, une nécessité stratégique pressante, et un impératif économique devenu inéluctable en ces temps de globalisation, les Seychelles affirment sa volonté de continuer à œuvrer de concert avec les autres iles pour l'émergence d'un ensemble efficace, pesant sur son environnement indianoceanique, agissant sur sa profondeur tricontinentale et veillant aux intérêts collectifs des cinq iles à tous les niveaux.

Je fonde l’espoir que cette commémoration renforce nos efforts d’intégration régionale et consolide la paix, la démocratie et la stabilité dans notre espace indianoceanique.

Même si toutes les attentes et espérances qu’ont suscitées la création de la COI n’ont pu être toutes comblées, du moins doit-on reconnaître que c’est au sein de cette organisation que s’affirme le mieux  la volonté de nos gouvernements et de nos iles à collaborer efficacement à la construction de notre fraternelle amitié. Où mieux que la COI nos petites iles pourraient-elles trouver un pont pour les relier, une table pour se réunir, une barre pour y plaider leur vulnérabilité et leurs spécificités? La COI apparaît aujourd’hui, à mes yeux, à la fois comme la fusée porteuse idéale de notre espace indianoceanique en constant progrès, et la base de repli ainsi que de ressourcement de nos cinq iles.

Je souhaite donc que notre intégration soit celle de nos populations, qu'elle leur procure la sécurité humaine qui est la meilleure synthèse des aspirations et des attentes, et qu'elle fasse d'elles les véritables gagnantes de cette aventure fantastique dont l'histoire a déjà jugé de la pertinence. C'est ainsi que demain sera ce que nous avons toujours rêvé pour celles qui feront l’Indianoceanie de demain.

Je vous remercie de votre attention !

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